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samedi, 21 juin 2008

Onirisme…

"Ce qui paraît parfois si épouvantable dans les manières qu'affectent bien des gens ? L'absence d'onirisme. Dans ce qu'ils expriment, pas la moindre trace de cet apaisement, cet élargissement, ces valses hésitations propres à n'importe quel rêve"
(Peter Handke, À ma fenêtre le matin. Carnets du rocher 1982-1987, traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Le Lay, Lagrasse, éd. Verdier, 2006, p. 432 ; 1ère éd. Am Felsfenster morgens (und andere Ortszeiten 1982-1987), Salzburg, Residenz Verlag, 1998)

17:27 Écrit par kl loth dans au fil des lectures, comportements… | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : onirisme, comportement, handke |

L'envers du décor ?

Libération publie aujourd'hui une interview de la nouvelle épouse du chef de l'État, Mme Carla Bruni-Sarkozy. Un extrait de l'interview est publié en vidéo sur le site web du journal. Voici ce qu'elle dit de l'écart entre ses opinions de gauche et la politique de son mari : 

"[…] je suis obligée en observant les choses de tout près, je suis obligée parfois, je dirais pas de changer d'avis, mais de voir les choses différement, de comprendre, de comprendre qu'il y a un autre pendant, chose que je ne savais pas avant, […] c'est parce que c'est ce que je ressens, je suis obligée de vous le dire, j'ai remarqué que c'était pas si simple, c'est pas comme seulement comme quand je pensais, ou quand je lisais, dans vos colonnes certaines choses par exemple, et que j'étais tout à fait d'accord, je remarque qu'il y a une autre partie, il y a l'envers du décor".
("Carla à «Libé», c'est du sérieux! «Je ne fais pas tellement corps avec la politique de mon mari»", réalisation Fanny Lesbros, Libélabo juin 2008,  liberation.fr, 21/06/08)

L'envers du décor ? Voilà une bien malencontreuse métaphore pour désigner les différences de point de vue entre droite et gauche. Une métaphore qui ramène une question cruciale dans un registre bien plus superficiel… Il y a du danger à cette futilisation du clivage politique.

Je me souviens d'avoir lu ces derniers jours, un passage des notes de Cécilia de Varine où celle-ci évoquait avec bien plus de subtilité et de pertinence le clivage de sensibilité entre les personnes de droite et de gauche, entre l'attitude soucieuse d'autrui d'un côté, et le pragmatisme purement comptable de l'autre, mais en pointant les distorsions engendrées par une possible mauvaise foi côté gauche, ou une véritable sincérité côté droit ! La question dans toute sa complexité.


Voici le passage en question : "Pendant longtemps j'ai haï les "gens de droite" en rassemblant sans distinction dans cette catégorie tous ceux qui ne partageaient pas un certain idéal humain de fraternité, d'égalité et de liberté.
Aujourd'hui, je concède à cette catégorie de la population un certain pragmatisme.
Longtemps, j'ai vécu avec l'idée que l'"homme est naturellement bon". Lentement, j'ai appris et compris que cette idée était aussi idiote que celle de le penser "naturellement mauvais".
Les gens de droite pensent d'abord à eux, à leur clan, à leur groupe. Ils sont souvent plus honêtes dans leur malhonneté que les gens de gauche. Ils sont plus souvent pessimistes et font moins souvent le contraire de ce qu'ils disent. Ils peuvent même, parfois, être franchement sympathiques.
Pourtant, malgré tout, je reste profondément de gauche. Avec une petite confusion probable entre l'humanisme et "être de gauche". Même si cela demande un effort quotidien, un décentrement de chaque instant. Mais c'est nettement plus intéressant".

(Cécilia de Varine, "Notes sans couture pour un refuge", Gîte d'étape" de la revue Notes. Bulletin de Liaisons, 2008)

16:08 Écrit par kl loth dans au fil des lectures, politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : politique, théâtre, gauche, droite, carla bruni-sarkozy |

Dans quel monde vivons-nous ?

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Surprise, il y a deux jours alors que je prenais une photo d'un graff sur une issue de secours à l'extérieur d'un magasin, de devoir m'expliquer avec un vigile (et lui montrer le cliché pris). Il serait, selon lui, interdit de photographier les lieux recevant du public, en raison du plan Vigipirate.

Je me souviens qu'il y a quelques dizaines d'années, on s'étonnait des nombreuses interdictions de photographier des pays communistes et d'autres dictatures… Sait-on que c'est désormais le cas chez nous ?

Pourtant il y a là de l'absurdité. Qu'en est-il des nombreuses personnes qui photographient chaque jour notre belle cathédrale, ou l'Hôtel de Ville ? Ces bâtiments seraient bien entendu des cibles de choix pour des attentats en raison de leur forte valeur symbolique, historique et artistique !
Et d'autres absurdités encore… les arguments ne manqueront pas dans ce sens !

J'ai depuis cherché un peu sur internet ce qu'il en était exactement de ce plan Vigipirate… et là, le flou total !
Aucun renvoi à un texte précis.

Mais l'on trouve sur le blog d'un professeur de droit, M. Frédéric Rolin, une intéressante réflexion sur le sujet, assortie des apports de nombreux commentateurs : "Grand jeu de piste : A la recherche du statut juridique du plan Vigipirate", d'où il ressort (si j'en fais un résumé caricatural) que ce fameux plan Vigipirate serait une circulaire, mais une circulaire non diffusée à l'attention de la population, car classée "secret défense" !
D'où le flou concernant ses détails d'application… 

Nous sommes donc soumis à des interdits que nous ne pouvons connaître explicitement. Et à de potentiels abus d'interprétration, de mise en œuvre, qui ne se peuvent discuter (cf. cas de juriprudence cités sur le blog du professeur Rolin).

Certains diront peut être que je ne leur apprends rien, mais cela me semble intéressant de témoigner d'une perte de liberté s'exerçant dans une situation absolument anodine, dérisoire ! 


Pour information : on peut savoir que le plan Vigipirate concerne le "contrôle des mesures de sécurité concernant les établissements recevant du public : "Pour tous ceux qui reçoivent du public, la sécurité doit être intégrée à leur mode de  fonctionnement, elle doit devenir un réflexe, même si cela entraîne quelques contraintes." (Intervention de Monsieur Nicolas SARKOZY, Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des libertés locales, lors d'une réunion des préfets le 20/03/2003)

12:30 Écrit par kl loth dans comportements…, politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, sécurité, vigipirate, démocratie, liberté, loi, dictature |