25.10.2009
Bernar Venet
Il n'y a guère d'œuvres d'art contemporain de qualité dans l'espace public messin. Ce fut donc une bonne surprise de découvrir l'hiver dernier quelques Arcs in Disorder* de Bernar Venet à proximité du Palais du Gouverneur.
Durant l'été 2007 eut lieu une exposition de sculptures monumentales en acier de Bernar Venet dans le quartier de l'Arsenal et de la gare. L'une de ces sculptures est restée en place. S'agit-il d'une acquisition ? d'un dépôt ? Je n'en sais pas plus…
Auteur d'œuvres d'une grande force visuelle, Bernar Venet a marqué l'histoire de l'art. C'est l'un des tout premiers artistes à avoir exploré la forme "tas"** (tout le contraire des formes érigées), en 1963. C'est aussi l'un des artistes du mouvement conceptuel, exposant des diagrammes mathématiques, souhaitant de cette façon mener l'abstraction à son point ultime.
Puis la ligne des diagrammes mathématiques deviendra son sujet de prédilection, qu'il développera désormais dans l'espace et souvent en acier.
Il est vraisemblable que ce soit le rapport étroit entretenu par la Lorraine avec l'acier qui ait attiré l'attention sur cet artiste, d'où sa présence à Metz. Il n'y a rien de surprenant non plus à ce que l'on retrouve l'une de ses œuvres devant le siège d'ArcelorMittal à Luxembourg.
En 1994 eut lieu une exposition sur le Champ de Mars à Paris, où l'on pouvait voir de nombreuses Lignes indéterminées, représentatives de son intérêt pour "le hasard et la prédictibilité"***.
* Je n'ai pas trouvé de renseignements précis sur cette œuvre. Titre par déduction.
** Cf. Maurice Fréchuret, Le Mou et ses formes. Essai sur quelques catégories de la sculpture du XXe siècle, Paris, énsb-a, 1993.
*** Cf. Bernar Venet, interviewé par Marek Claassen, artefacts.net, 3/1/2008
Devant le Palais du Gouverneur à Metz












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03.10.2009
Down By The River… (Philippe Favier)
Soon Over Babaluma ?
Dans un précédent billet, j'avais parlé de l'œuvre conçue par Philippe Favier, J'aimerais tant voir Syracuse (2007), pour un ponton situé au bord du Rhône à Lyon, dans le cadre du réaménagement des berges.
Cette œuvre consiste en d'innombrables plaques de métal gravées de noms de destinations imaginaires, littéraires… L'artiste souhaitant que les gens rajoutent d'eux-mêmes de nouveaux noms, la galerie BF15 avait proposé, dans le cadre des Journées du Patrimoine 2008, que de nouvelles plaques soient gravées à la demande.
J'avais proposé "Babaluma", en hommage au disque Soon Over Babaluma du groupe Can (1974), un disque qui créait une ambiance magique propice aux fins de nuit dans ma chambre jaune (il y a longtemps, lorsque je vivais à Metz).
J'ai récemment parcouru les 450 mètres de ce ponton… je n'ai pas trouvé Babaluma. Peut être l'ai je manqué ? Ou peut être la plaque a-t-elle été retirée par quelqu'un qui souhaitait garder un souvenir…
En tout cas, j'ai fait de nouvelles photos des plaques, et pu constater l'évolution de l'œuvre que les gens effectivement ont tendance à s'approprier, que ce soit en rajoutant de nouvelles plaques, en écrivant, en gravant dans le bois. Mais plus que des lieux imaginaires, ce sont des noms de personnes qui sont apposés pour une "postérité" plus ou moins éphémère… Faisant penser aux cadenas accrochés par les couples d'amoureux (love padlocks) sur les ponts d'un certain nombre de villes (Rome, Vilnius…)
Curieusement m'est revenue en mémoire une chanson de Neil Young, chanson dont la musique me semble maintenant inécoutable : geignarde et considérablement datée. Mais les paroles en sont frappantes :
"Down by the river
I shot my baby"
(Neil Young, Down By The River)






Et la réappropriation par les gens :



"À cette étoile que l'on regarde
pour trouver son chemin
Qui illumine mon âme
pour sa spendeur scintillante
Et qui chaque soir
me berce par sa douceur
A toi [Émilie ?]"



Muriel et
je t'aime"


œuvre de Philippe Favier
"Le ponton et ses 450 m de rampe me faisaient songer à une table d'orientation sans fin, il ne me restait plus qu'à tenter de nommer cet infini. Je suis allé "pêcher" une ribambelle de noms étranges et/ou oniriques que la littérature offrait à la géographie. Ces mots, une fois gravés sur des plaques de métal, furent fixés sur le parapet de bois. Ensuite, nous avions convié les promeneurs rêveurs à joindre leurs "mots" aux nôtres. Il y a ainsi plus de 1300 destinations inscrites sur ce lutrin de chêne. J'aimerais que de leur propre initiative, des amoureux, des promeneurs, déposent à leur tour "leurs plaques", comme on grave ses initiales sur un arbre ou sur un banc." (Ph. Favier, in Marianne Homiridis et Perrine Lacroix, L'Art contemporain dans les espaces publics. Territoire du Grand Lyon 1978 / 2008, Lyon, éd. La BF15, 2008, p. 116)
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08.12.2008
Superflux 2008
Loin des foules ébaubies par les illuminations spectaculaires des festivités du "8 décembre" dans les quartiers touristiques de Lyon, a lieu Superflux, organisé par la galerie Roger Tator dans le septième arrondissement. Le budget est étriqué, le milieu urbain modeste voire "decay" (à l'abandon), mais les installations lumineuses crées par les artistes sont à dimension humaine et créent souvent la surprise par leur ingéniosité, leur capcité à émouvoir malgré (ou grâce à) leur modestie.
Pour Superflux, c'est la dixième année, et les installations présentées ont été choisies parmi les meilleures des éditions précédentes.
Est-ce la dernière année ? J'espère avoir mal compris. Pour moi, Superflux, c'était l'essentiel de la Fête des Lumières, ce que j'allais toujours voir en priorité !
Voici quelques unes des installations :
Michel Jeannès, ENVERS / EN VERT
Michel Jeannès, qui apparaît souvent dans les commentaires de ce blog, est le chargé de projets artistiques du collectif La Mercerie.
"La Mercerie & Michel Jeannès rallument pour la septième annnée consécutive un « délaissé lumineux » trouvé-choisi in situ rue d’Anvers : l’enseigne du garage « Anvers Auto », présentée en vert et à l’envers.
Œuvre pérenne du festival jusqu’à démolition de l’immeuble qui la porte, cette pièce apparaît le reste de l’année comme une enseigne blanche sans mémoire.
Ranimée à chaque Superflux, elle se détermine comme marqueur d’espace et de temps et rappelle que l’envers du décor de la grandiose et médiatique fête des lumières était rituel empreint de la modestie des lumignons."
Selon le commentaire récemment publié sur ce blog par Michel Jeannès : "L'anvers c'est sur l'autre versant des choses. Le e et le a minuscule se palindromisent verticalement, à l'image du p et du b."
Pour voir l'ensemble des interventions de La Mercerie à Superflux, cf. sur leur site. Je recommande tout particulièrement Électricité Générale.

Victor VIEILLARD et Sara DEGOUY, Superbonux
"Mais à Lyon, ville de lumières, c’est au clair de lune qu’un étrange phénomène se produit. Certaines nuits, les habitants du quartier font leur lessive dans l’effervescence, et c’est alors qu’un drôle de ballet se produit. Draps et linges lumineux, comme magiques, flottent au vent dans le flux et reflux de l’air tandis que des milliers de bulles de savons irisées s’échappent des fenêtres où ce moment du quotidien devient magique."
Cette année, c'est dans le cadre du jardin de l'Îlot d'Amaranthes (conçu par Emmanuel Louisgrand et cutlivé avec l'association Brin d'Guill) que cette installation est réactivée…

[…] L’espace télévisuel, où l’information est martelée et répétitive, nous renvoie souvent à notre propre impuissance. Le signe veille permet d’aller voir ailleurs, de s’en écarter. Il n’est pas en opposition, ni marche ni arrêt (ni (+) ni (-), ni bien ni mal). Il définit un prochain un retour vers l’image, et tout en symbolisant une société médiatique, ouvre d’autres possibilités. Les lignes simples de cette découpe de lumière deviennent, dans le faisceau de la projection, un phare. C’est porter notre attention sur le geste vers l’image le plus ordinaire, et le plus quelconque. Là où on ne s’y attend pas, la passivité de la veille pourrait désactiver la passivité cathodique."



Elle interagit avec les lumières de la ville et probablement d’autres installations de la fête de la lumière. Elle nous parle, en toute simplicité et de façon presque irréelle (car elle s’illumine sans aucune installation technique) des lumières du fonds des âges et du mystère de nos origines..."
À noter, la signalisation au public…

(les citations en caractères verts sont extraits du dossier de presse de Superflux 10/10)
- "À l'envers"
- "Superflux 2007 - Fête des Lumières (Lyon)"
- "Superflux 2006 - Fête des Lumières (Lyon)"
23:17 Publié dans art public, en revenant de l'expo (de la conf. etc.), formes & couleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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10.09.2008
Par ci, par là…

Si vous empruntez à vélo les quais du Rhône récemment aménagés (cf. le billet de Frasby), à proximité de la piscine du Rhône, vous ne verrez rien de particulier.
Mais si vous longez le fleuve à pied, alors vous verrez apparaître sur la rambarde en bois la mention de bien curieuses destinations…
Il s'agit d'une œuvre de Philippe Favier : J'aimerais tant voir Syracuse (2007). (merci à F. Cini pour l'info)
Il y a même la Drutopie chère à François Cini !


"Le ponton et ses 450 m de rampe me faisaient songer à une table d'orientation sans fin, il ne me restait plus qu'à tenter de nommer cet infini. Je suis allé "pêcher" une ribambelle de noms étranges et/ou oniriques que la littérature offrait à la géographie. Ces mots, une fois gravés sur des plaques de métal, furent fixés sur le parapet de bois. Ensuite, nous avions convié les promeneurs rêveurs à joindre leurs "mots" aux nôtres. Il y a ainsi plus de 1300 destinations inscrites sur ce lutrin de chêne. J'aimerais que de leur propre initiative, des amoureux, des promeneurs, déposent à leur tour "leurs plaques", comme on grave ses initiales sur un arbre ou sur un banc." (Ph. Favier, in Marianne Homiridis et Perrine Lacroix, L'Art contemporain dans les espaces publics. Territoire du Grand Lyon 1978 / 2008, Lyon, éd. La BF15, 2008, p. 116)
Philippe Favier a également réalisé les bassins de la place Lazare Goujon à Villeurbanne (2007).
Dimanche 21 septembre 2008, dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine, une machine sera installée et conviera les promeneurs rêveurs à joindre leurs « mots » aux 1 300 destinations déjà inscrites sur ce lutrin de chêne. (parcours organisé par la galerie BF15)
01:42 Publié dans art public, de visu, promenade touristique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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04.08.2008
Entretenir et réparer…
L'hiver dernier Daniel Buren a réussi à alerter l'opinion à propos de l'état dégradé de son œuvre réalisée dans la cour du Palais-Royal (Paris). Des promesses ont été faites par le ministère de la Culture, que l'on espère être tenues prochainement.
Cette œuvre, intitulée Les deux plateaux, date de 1986, ce qui fait 22 ans déjà. Les colonnes proprement dites ont fait l'objet d'une réalisation soignée en marbre ; mais ce seraient la circulation de l'eau, la mise en lumière, l'étanchéité qui seraient désormais hors service, faute d'entretien en temps voulu.
Je n'ai pas vu cette œuvre impressionante depuis longtemps, et n'ai donc pas constaté moi-même les dégâts, mais il semble évident que dans de telles conditions, elle ait perdu une bonne part de sa "magie".
Lyon aussi a fait appel à Daniel Buren (en tandem avec Christian Drevet architecte) pour le réaménagement de la place des Terreaux située devant l'Hôtel de Ville et le Palais des Beaux-Arts. Ce fut Déplacement - Jaillissement. D'une fontaine, les autres, achevée en 1994.
Dès le début la réalisation technique m'avait semblée bâclée, les jets d'eau mal réglés par exemple…
Mais la place était métamorphosée, n'ayant plus rien à voir avec cette étendue sombre que l'on aperçoit brièvement dans le film de Bertrand Tavernier, l'Horloger de Saint-Paul.
Désormais de nombreux cafés y ont ouvert des terrasses, la vie sociale s'y épanouit et les enfants ne résistent pas à l'attrait ludique des jets d'eau.
Enfin… ne résistaient pas ! Car de l'eau il n'y en a plus. Ça marche plus !!!
Et la place est dans un état dégradé affligeant.
(Cf. ces photos que j'ai prises il y a trois ans déjà)
Interrogé à ce sujet Buren déclare : "C'est un désastre. Quand je séjourne à Lyon, je l'évite". (Vincent Feuillet, "Daniel Buren… et que la lumière soit !", À Nous Lyon, n° 62, du 24/09 au 07/10/07)
C'est bien compréhensible.
Si l'on néglige ainsi l'œuvre de l'artiste le plus réputé du pays, et sur des emplacements à forte visibilité. Il y a fort à craindre que l'on méprise encore bien davantage le travail d'artistes moins connus.
Mais le désintérêt pour l'art et les artistes dans ce pays, (et dans un certain nombre d'autres contrées) pourrait alimenter de nombreuses déplorations.
Quant à la Ville de Lyon, elle est candidate au titre de capitale européenne de la Culture 2013…

de l'emplacement d'une fontaine (à sec) :

21:02 Publié dans art public | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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10.12.2007
Fête des Lumières à Lyon
Quelques images de la Fête des Lumières à Lyon… Certes, je n'ai pas tout vu, il y avait beaucoup à voir !
La basilique Notre-Dame de Fourvière illuminée par l'arrière : FACE CACHÉE de Gilbert Moity

Décor du marché de Noël, place Carnot :


I LOVE LYON de Jacques Rival, autour de la statue équestre de Louis XIV, place Bellecour


NEW TONE de Jacques Rival, sorte de pendule de Newton géant, où les boules, faute de bouger, s'animent de diverses couleurs

Décor de façade du magasin "Le Printemps"

Rue de la République

UNE PLACE EN OR de Leslie Labonne, qui enveloppe tous les éléments de la Place de La Bourse dans de la feuille d'or. Une installation qui a beaucoup plu par sa simplicité, donnant l'envie de faire de même dans son jardin !

Des gadgets lumineux agités par des vendeurs ambulants

VERGERS D'ANTAN de Géraud Périole métamorphose les végétaux de la Montée de la Grande Côte



EN PASSANT, EXPÉRIMENTATIONS ÉTUDIANTES, par les élèves de différentes écoles


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09.12.2007
À l'envers
Anvers à l'envers…

Depuis le 8 décembre 2000,
la Mercerie & Michel Jeannès
participent au festival "Superflux"
par la réanimation annuelle
d'un "délaissé lumineux",
enseigne d'un garage devenu parking.
Cette pièce autonommée,
in situ et in tempo se pérennise au fil du temps
en marqueur de la chronométrie
du festival "Superflux"
et "Anvers du credo"
de la fête des Lumières elle-même.
extrait du site de La Mercerie
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08.12.2007
Superflux 2007 - Fête des Lumières (Lyon)
À l'occasion de la Fête des Lumières de Lyon, la galerie Roger Tator organise Superflux dans le 7e arrondissement, un parcours d'œuvres lumineuses souvent originales, en tout cas moins tape-à-l'œil que les animations du centre-ville.
Comme l'édition de l'an dernier, les œuvres sont réalisées à partir de grandes boîtes en bois, les "lightboxes".
Une "Musicbox", indépendante du parcours Superflux

ZOÉ BENOIT : "EN ALTERNANCE"

SYLVAIN GADEL & VINCENT FREVILLE : "LIGHT LIGHT"

ARMELLE CARRON : "METTRE LE CIEL EN BOÎTE"


LAURA TODORAN : "LIGHT BOX COSMIQUE"


GUILLAUME CROUZIER : "POUR UN MONDE DE JOUISSANCE À GAGNER, NOUS N'AVONS À PERDRE QUE L'ENNUI"


LAURENT PERNEL (dont j'ai déjà parlé) : "LILIPUT"

Dans l'Îlot d'Amaranthes, LIISA KYRONSEPPA : "HEIJASTKUSIA REFLECTIONS"

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26.11.2007
Les "marelles" de Lawrence Weiner
Située au cœur d'un bloc d'immeuble, place Mendès-France à Villeurbanne, l'œuvre de Lawrence Weiner, artiste conceptuel, mériterait d'être davantage connue.






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24.11.2007
Place Lazare Goujon (Philippe Favier)
La place Lazare Goujon, point central de Villeurbanne, entre l'Hôtel de Ville et le Théâtre National Populaire, vient d'être réaménagée et accueille maintenant une œuvre de Philippe Favier au fond de deux bassins miroirs.
Philippe Favier a réalisé également une œuvre pour le parking souterrain situé en dessous de cette place : Regret des Oiseaux (Lyon Parc Auto).
Le résultat est séduisant et s'intègre bien à son environnement.







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