21.10.2009

Berliner Mauer

Hier soir 19 octobre sur arte, un documentaire consacré à ce qu'est devenu le mur de Berlin, ouvert et tombé en 1989.
De nombreux panneaux sont conservés par des collectionneurs. Mais ils sont fréquemment peints et repeints : l'authenticité historique des graffs ne semble guère respectée !
("Où est passé le mur de Berlin", Elke Sasse et Stefan Pannen, diffusé sur arte le 19/10/2009)

J'ai pour ma part pris un certain nombre de photos du mur lors de mes séjours là-bas.
J'ai déjà publié plusieurs fois ma préférée, dans les Cahiers de Leçons de Choses tout d'abord, lors d'un numéro consacré à Berlin.
Puis j'ai intégré cette photo dans l'exposition pour la Cave Littéraire, à l'occasion d'une lecture d'Hubert Lucot. Elle est archivée sur kl-loth.com.

La revoici, pour la première fois sur Daily Life !

Klitoris-DDR.jpg
"parole" © 80 srelheid R'dam
photo © kl loth 1982

16.04.2009

Georges Adilon

"Il peignait.

[…]

Il peignait, ayant besoin de formats de plus en plus vastes, recommançant sans cesse.

[…]

Comme si la peinture, maintenant, avait voulu se dénoncer, se nier, se résorber, s'extraire. Comme si le geste, maintenant, se fût exacerbé à s'inscrire sans rien.

Il accumulait toujours, pourtant, encore, des peintures.

Ne parvenait à détacher son geste des médiations qui l'exprimaient.

L'Art s'obstinait à coller à ses doigts.

Sa main restait vouée à produire des œuvres.

Ne pouvait en finir de peindre la dernière."

(Patrick Drevet, Récit d'un geste sur des peintures de Georges Adilon, Lyon, éditions mem/arte-Facts, 1984, p. 76)

Georges Adilon, né à Lyon en 1928, est décédé le 2 avril dernier.
J'avais eu l'occasion de le rencontrer, ayant collaboré à la confection du livre qui lui consacrait l'écrivain Patrick Drevet. Eu l'occasion d'aller dans la maison qu'il avait construite à Brindas, car il était aussi architecte.
Une maison véritablement contemporaine, extrêmement inventive et en symbiose avec le jardin qui l'entourait. La seule maison d'architecte contemporaine privée que j'ai jamais eu l'occasion de pénétrer.
Et toujours l'accueil chaleureux de Jacquotte son épouse.

Plus d'informations sur archicool.com (avec de nombreux liens), sur le site du ministère de la Culture, sur le blog de la ville.
Cf. aussi le catalogue Georges Adilon, architecture, peinture, Réunion des musées nationaux, 2001.

Plus d'informations sur Patrick Drevet : ici et .

14.03.2009

Dead Bashung

 

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Le 14 mars aurait simplement dû être le jour de la Sainte-Mathilde, prénom de ma grand-mère décédée depuis presque 11 ans…

C'est aussi le jour de la mort d'Alain Bashung…
que j'ai eu l'occasion de voir et d'entendre à deux reprises, pour la Tournée des grands espaces (avec le travail de Dominique Gonzalez-Foerster) au Théâtre antique de Fourvière, puis en mai dernier à l'Auditorium.
Ambiance à chaque fois impressionnante de fascination et de gravité.

Moral plombé. Ça fera bizarre de publier les carrés de nuances roses prévus pour demain… anachroniques !

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07.10.2008

Le pays qui n'existe plus (l'Allemagne de l'Est)

À l'occasion du passage sur Arte du film La Vie des autres (cf. chroniqué sur Arte, et par eelsolivier), je republie l'éditorial de la revue Cahiers de Leçons de Choses, que Patrick Beurard-Valdoye et moi-même avons rédigé à l'issue d'un séjour d'un mois en Allemagne de l'Est en 1980.

Le titre "Mais allez donc y voir vous-mêmes" fait allusion à méconnaissance et à la désinformation à cette époque concernant les pays de l'Est, une incitation tout simplement à aller voir…

La mise en page du texte est élaborée, avec différents caractères typographiques et illustrations, cf. le fac-similé.

(La Vie des autres, Florian Henckel Von Donnersmarck, Allemagne, 2006, diffusé le 28/09/08 sur Arte)


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(vu sur une plage de l'Île Rügen, août 1980)

MAIS ALLEZ DONC Y VOIR VOUS-MÊMES

L’image de cet animal ambigu aux aspects d’insecte (les insectes, toujours inquiétants) qui s’emploie à franchir un monticule de sable, six pattes et deux antennes expression de survie, l’animal noir désespérément inadapté au merveilleux sable fin qui coule sous ses pattes postérieures et s’affale sur les antérieures.

Un rat — mort — sur la première marche du grand escalier de la belle gare de Leipzig. Dans le coin.
Discret.

(Sur la plage) Les autorités ont voulu placer des unités de la flotte militaire à intervalle régulier sur la Baltique sans doute afin que les Saxons puissent de leurs jumelles fantasmer sur l’horizon adverse. À l’Est le communisme s’est annoncé en libérateur du nazisme tandis qu’à l’Ouest, on se tue à redire que le nazisme est fini, exterminé. La barbarie est morte, sa renaissance pour bientôt. Mais le nazisme lui, puisait ses racines en réaction au romantisme. Et comme rien n’a été proposé sauf d’un point de vue matériel (rationnel), une part de l’esprit allemand s’est retournée à sa vieille nostalgie, surtout en D.D.R. : le romantisme.

Matin morose blanc exténué
Trop tôt
Stature d’homme dépassant la foule d’enfants
Gigantesque
Il appelle les noms — un à un. Rythme inéluctable de la liste
… Andreas… Andreas
Les groupes se forment
s’éparpillent dans le camp
Selon le plan.

Paradoxalement le ministère de la culture sélectionne également des films idiots américains sentimentiques et romantaux de la bagnole luxe et de la 1000 cm3 tout simplement parce que le ministère fournit à ses moutons un cinéma qui leur provoque des fantasmes profonds, et ceci pas par souci d’une hygiène mentale du citoyen, mais par volonté de rentabiliser l’affaire : un film américain coûte tant de devises.

Lorsqu’on débarque à l’« Est », on commence par établir la litanie des différences. Le touriste moyen est supposé en rester là. Dans un second temps lié à davantage de recul, le citoyen un peu moins capitalisé entreprend une série de parallèles. Son analyse devient critique quant aux deux systèmes. Les analogies — une litanie également — satisfont à sa recherche critique. Il s’agissait une fois pour toutes de se situer ailleurs ; le quotidien de l’individu ne se trouve pas dans une comparaison ou une différentiation des systèmes. Accéder enfin à un mode de connaissance plus intelligent.

« Die Männerchör drink Bier von Faß
Die Männerchör drink Bier von Faß
Besofen
Besofen
Besofen sind schon vier von Bass... »

La foule des enfants en plein recueillement sur les quatre côtés de la place.
L’appel — solennel —
L’homme (le même) : — Freundschaft !
Répons du chœur — comme un écho — Freundschaft ! — Freundschaft !

Dans ce collectivisme, soirée à la bière où l’on chante jusqu’à l’écroulement, vieille résurgence de l’esprit des communautés Sagas, l’individu, seul, immensément seul. Bier, Bier ist die Seele von Klavier.

Quatre punis devant la foule
l’homme appelle leurs noms
ils se détachent du groupe
s’avancent muets mécaniques
On les a surpris la nuit
Opprobre et châtiment.

La D.D.R., terre promise de l’art brut : il n’y a qu’à voir sur les plages les innombrables pratiques des enfants et des adultes qui font de l’art et qui n’auraient pas l’idée d’appeler cela ainsi.
(châteaux de sable, entreprises élaborées, agencements de pierre formant édifices, peinture sur pierre etc. Rien de comparable sur les plages méditerranéennes).

BLEU JAUNE
Pigments en poudre étalés sur le corps
Quand le cortège du dieu Neptune sort de l’eau — sauvages peinturlurés et belles jeunes filles — c’est pour punir
Juger et punir
Tomates, liquides acidulés œufs glaireux glissant le long des corps désignés à l’opprobre (on s’est bien gardé cependant de dénoncer les étrangers soyons prudents)
Un bain obligatoire dans l’eau salée froide.

Un fantasme allemand, un modèle de l’Allemand : Julien Sorel.

Le romantisme allemand, mixture mal dosée de rationalisme fou et de son antagonisme, l’aspiration à l’irrationnel.
La créature de raison en quête d’inconscient. Le symbolisme au service du rationnel et la raison pour aller plus loin dans la mystique.

Une femme nue debout droite fière au bord de la plage
tournant le dos à la mer à l’horizon au décor changeant des nuages
Elle est énorme — amoncellement de bourrelets gras —
l’authentique Vénus préhistorique
Son homme, tendrement, la prend en photo.

Le nazisme : un certain mysticisme aux mains du rationalisme fou ou bien la logique qui conduit à un certain mysticisme fou. L’alliage de logique et de mythe.

Weimar : Schiller, Goethe, Liszt. À cinq kilomètres de là, Buchenwald. L’allégorie allemande.
Autre interprétation : le nazisme n’est pas réaction mais continuité du romantisme. L’Allemand n’est pas retourné à sa vieille nostalgie, il n’a en fait jamais cessé d’être préoccupé par l’immatériel. L’âme germanique existe, le romantisme en était une illustration.
« Quelque chose dans la clarté tourmentée de l’île Rügen ».

Notes en alternance de C. LOTH et P. BEURARD(-VALDOYE)
Cahiers de Leçons de Choses n° 3, 1er trimestre 1981


À consulter également sur le site kl-loth.com, ainsi que plusieurs pages de photos prises durant ce séjour :
1 - Quel pays ?
2 - Villes, Leipzig, Dresde
3 - L'île Rügen

31.08.2008

Summer's almost gone (encore)

Dans quelques minutes le mois d'août sera fini. Les choses se gâtent…
Horreur de l'hiver, horreur des mois froids et sombres !

01.08.2008

Down down down

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La petite maison qui avait beaucoup plu lorsque je l'avais publiée une première fois, n'est plus, détruite, abattue à grands coups de masse…
Seule consolation : il ne devrait pas y avoir d'immeuble haut et mastoc à cet emplacement.
À suivre ?
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13.05.2008

Robert Rauschenberg

Rauschenberg is dead… ça fait drôle.


Lire aussi l'article d'Élisabeth Lebovici : "Merde, Rauschenberg est mort"

18.02.2008

Glissements progressifs vers… où ?

Décès cette nuit d'Alain Robbe-Grillet, que j'ai beaucoup lu.

05.01.2008

Henri Chopin

Disparition hier le 3 janvier 2007 d'un pionnier de la poésie sonore, Henri Chopin.
Je ne l'ai croisé qu'une seule fois, à l'occasion d'une lecture à Lyon…

23.12.2007

Julien Gracq

Une bien mauvaise nouvelle pour commencer cette journée d'hiver qui s'annonce morose : la disparition de l'écrivain Julien Gracq le 22 décembre, à 97 ans.
Parmi son œuvre, La Forme d'une ville, dont j'ai parlé ici cet automne.
Coïncidence : hier, j'ai eu par deux fois ses livres en main…

À lire : l'article que lui consacre François Bon, après lui avoir rendu visite en 2005.


L'écrivain Julien Gracq est mort
LEMONDE.FR | 23.12.07

© Le Monde.fr

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